Le calendrier égyptien est l’un des plus anciens systèmes de mesure du temps connus, datant d’environ 3000 ans avant Jésus-Christ. Bien que certaines de ses racines puissent être attribuées à des influences babyloniennes, les Égyptiens ont développé un calendrier unique, spécifiquement adapté à leur environnement et à leur civilisation, notamment autour du cycle annuel des crues du Nil.
La structure de l’année égyptienne
Contrairement à d’autres calendriers lunaires ou luni-solaires utilisés par les civilisations contemporaines, le calendrier égyptien était principalement solaire. Les Égyptiens ont observé et basé leur calendrier sur les événements naturels liés au soleil et aux inondations du Nil, qui étaient vitales pour l’agriculture. Il est généralement admis que l’année égyptienne comprenait 365 jours, bien que certaines versions plus anciennes du calendrier mentionnent une année de 360 jours.
L’année égyptienne était divisée en trois saisons principales, chacune comprenant quatre mois de 30 jours. Ces trois saisons étaient basées sur les cycles agricoles et le comportement du Nil :
- Saison d’inondation (Akhet) : Thot, Phaophi, Athyr, Choïak
- Cette saison correspondait à la montée annuelle des eaux du Nil, qui fertilisaient les terres. Elle était essentielle pour l’agriculture égyptienne, garantissant de bonnes récoltes.
- Saison de végétation (Peret) : Tybi, Méchir, Phaménoth, Pharmuthi
- Après le retrait des eaux, les terres étaient prêtes à être cultivées, et la végétation poussait pendant cette période.
- Saison de récolte (Shemu) : Pachon, Payni, Epiphi, Mésori
- Cette dernière saison marquait la période de récolte, lorsque les champs, abondants après la crue du Nil, étaient prêts à être moissonnés.
À ces 360 jours, les Égyptiens ajoutaient 5 jours épagomènes à la fin de l’année. Ces jours supplémentaires n’appartenaient à aucune saison et étaient réservés aux célébrations en l’honneur des dieux. Ces jours sacrés célébraient la naissance des divinités Osiris, Isis, Horus, Seth et Nephtys.
La division du jour en 24 heures
Les Égyptiens sont également célèbres pour avoir été les premiers à diviser la journée en 24 heures. Leur système d’heures était basé sur l’observation du cycle solaire et des étoiles.
Le jour et la nuit étaient initialement divisés en 12 heures chacun, permettant de suivre le déplacement du soleil et des étoiles dans le ciel. Ils utilisaient des instruments tels que des cadrans solaires pour mesurer le temps pendant la journée et des horloges à eau (clepsydres) la nuit. Cette innovation a marqué un tournant dans la manière de structurer le temps quotidien, et ce système d’heures est encore en usage aujourd’hui.
Le rôle de l’étoile Sirius
Une particularité fascinante du calendrier égyptien est son lien avec l’étoile Sirius (Sothis pour les Égyptiens). Le lever héliaque de Sirius, qui correspond à son apparition juste avant l’aube après une période d’invisibilité, coïncidait avec l’arrivée des crues du Nil. Ce phénomène se produisait vers la fin du mois de juillet et servait de point de repère pour le début de la nouvelle année.
Les Égyptiens avaient donc une compréhension remarquable de l’astronomie, reliant les cycles célestes à leur calendrier. Ce lien entre l’observation des étoiles et les événements terrestres montre l’importance des cycles naturels pour les civilisations anciennes, en particulier pour une société aussi dépendante de l’agriculture que l’Égypte.
Les défis du calendrier égyptien
Bien que le calendrier égyptien ait été extrêmement avancé pour son époque, il présentait tout de même une lacune importante : il ne tenait pas compte des années bissextiles. En effet, l’année égyptienne comprenait 365 jours, mais la véritable année solaire est légèrement plus longue (environ 365,2422 jours). Ainsi, au fil des siècles, le calendrier égyptien s’est lentement décalé par rapport aux saisons.
Cependant, cette dérive n’a pas causé de problèmes majeurs pour les Égyptiens. En effet, leur lien étroit avec les cycles naturels, notamment l’observation de Sirius et des crues du Nil, leur permettait de maintenir un calendrier suffisamment précis pour leurs besoins agricoles et religieux.
L’influence du calendrier égyptien
Le calendrier égyptien a exercé une influence considérable sur les autres civilisations antiques. Les Grecs et les Romains ont adopté plusieurs concepts égyptiens dans leur propre système de mesure du temps. Le calendrier julien, instauré par Jules César, doit une partie de sa structure au modèle égyptien. Ce dernier a d’ailleurs été affiné avec l’introduction des années bissextiles pour corriger l’écart entre le calendrier et l’année solaire.
Le calendrier égyptien : une avancée majeure dans la mesure du temps
Le calendrier égyptien est un témoignage impressionnant de la manière dont une civilisation ancienne a utilisé les observations astronomiques et les cycles naturels pour structurer le temps. Divisé en trois saisons en lien avec les crues du Nil, il permettait de réguler les activités agricoles essentielles à la survie du peuple égyptien. De plus, l’innovation de la division de la journée en 24 heures, encore utilisée aujourd’hui, montre l’importance des Égyptiens dans l’histoire de la mesure du temps. Malgré ses limitations, ce calendrier a posé les bases de systèmes plus sophistiqués et reste une des plus grandes réussites de l’astronomie et de l’organisation du temps dans l’Antiquité.