Calendrier japonais

Le calendrier japonais, tout comme le calendrier chinois, repose sur un système combinant une composante solaire et une composante lunaire. Bien que le Japon ait officiellement adopté le calendrier grégorien en 1873, le calendrier traditionnel reste utilisé dans certaines pratiques culturelles et religieuses, notamment pour les fêtes et la numérotation des années à travers le système Nengo et le cycle sexagésimal.

La partie solaire du calendrier japonais

L’année solaire japonaise est divisée en 24 jalons ou périodes solaires appelées sekki (節気). Chacun de ces jalons correspond à une position précise du soleil sur l’écliptique, c’est-à-dire la trajectoire apparente du soleil dans le ciel au cours de l’année. Ces positions sont calculées en termes de longitude écliptique. Si l’on divise l’écliptique en 360 degrés, chaque jalon est séparé du suivant de 15 degrés, exactement comme dans le calendrier solaire chinois.

Ces jalons sont des marqueurs importants dans l’agriculture traditionnelle japonaise, car ils déterminent des moments clés pour la plantation, les récoltes et les rituels saisonniers. Par exemple, Risshun (立春), qui marque le début du printemps, est un jalon particulièrement célébré au Japon.

Deux spécificités du calendrier solaire japonais

  1. Calcul de la longitude solaire : Contrairement à la Chine, où les calculs sont centrés sur Pékin, le Japon réalise ses calculs de longitude solaire à partir de sa propre position géographique. Avant 1888, le méridien de référence était situé à une longitude de 139° 46′ est. Après cette date, il a été modifié pour correspondre au méridien de 135° est, passant près de Kobe et Kyoto.
  2. Utilisation des idéogrammes chinois : Bien que les jalons solaires soient similaires à ceux utilisés dans le calendrier chinois, les Japonais emploient des idéogrammes chinois pour les désigner, mais avec une prononciation japonaise. Cette adaptation linguistique témoigne de l’influence historique de la Chine sur le Japon, tout en conservant une identité propre.

La partie lunaire du calendrier japonais

Les mois

Le calendrier lunaire japonais suit également des principes similaires à ceux du calendrier chinois. Un mois lunaire est défini par le cycle de la lune, soit environ 29,5 jours, et il est généralement déterminé par la nouvelle lune.

Jusqu’en 1798, les Japonais n’utilisaient pas de calculs astronomiques précis pour définir les mois lunaires, contrairement aux Chinois qui avaient adopté cette méthode dès 1645. Avant l’ère Meiji (qui débute en 1868), les mois étaient désignés par des noms en lien avec l’agriculture, reflétant l’importance du cycle saisonnier pour la société japonaise. Par exemple, certains mois portaient des noms tels que « mois de la récolte » ou « mois des semailles ». Toutefois, après la réforme de l’ère Meiji, ces noms furent abandonnés au profit d’une simple numérotation des mois, comme en Chine.

Les jours et la semaine de sept jours

L’une des particularités du calendrier japonais, en comparaison avec le calendrier chinois, est l’existence d’une semaine de sept jours. Ce système a été introduit au Japon au début du IXe siècle, autour de l’année 807, et trouve ses racines dans l’astrologie gréco-romaine, qui était déjà en usage dans une partie du monde asiatique. Chaque jour de la semaine est associé à un des sept astres visibles à l’œil nu : le soleil, la lune, Mars, Mercure, Jupiter, Vénus et Saturne. Ces noms planétaires sont encore utilisés aujourd’hui pour désigner les jours de la semaine au Japon :

  • Dimanche : Nichiyōbi (日曜日), « jour du soleil »
  • Lundi : Getsuyōbi (月曜日), « jour de la lune »
  • Mardi : Kayōbi (火曜日), « jour de Mars »
  • Mercredi : Suiyōbi (水曜日), « jour de Mercure »
  • Jeudi : Mokuyōbi (木曜日), « jour de Jupiter »
  • Vendredi : Kinyōbi (金曜日), « jour de Vénus »
  • Samedi : Doyōbi (土曜日), « jour de Saturne »

L’adoption du calendrier grégorien et le maintien des traditions

En 1873, sous l’ère Meiji, le Japon adopta officiellement le calendrier grégorien, suivant ainsi la modernisation du pays et s’alignant sur les standards internationaux. Cependant, le calendrier traditionnel japonais subsiste toujours dans plusieurs aspects de la vie culturelle et religieuse.

Les fêtes traditionnelles telles que le Nouvel An lunaire ou Setsubun, qui marque la fin de l’hiver, sont toujours célébrées en fonction du calendrier luni-solaire. De plus, le Japon continue d’utiliser la numérotation Nengo, un système de décompte des années selon les ères impériales. Chaque règne impérial donne naissance à une nouvelle ère, et les années sont comptées à partir de l’année d’intronisation de l’empereur. Par exemple, l’ère actuelle, appelée Reiwa, a commencé en 2019 avec l’ascension de l’empereur Naruhito.

Le cycle sexagésimal

Le cycle sexagésimal est un autre élément important, partagé avec le calendrier chinois. Ce système repose sur un cycle de 60 ans, combinant deux séries de dix « tiges célestes » (kan) et douze « branches terrestres » (shi), associées aux animaux du zodiaque. Ce cycle est encore utilisé dans certains rituels et calculs astrologiques au Japon, notamment pour déterminer des dates propices pour les mariages, les constructions ou autres événements importants.

Le calendrier japonais : entre traditions lunaires et solaires

Le calendrier japonais est le reflet d’une longue histoire d’interactions entre la tradition et la modernité. Bien que le Japon ait adopté le calendrier grégorien, son système calendaire traditionnel demeure une partie intégrante de sa culture, avec des influences à la fois lunaires et solaires. Que ce soit pour les fêtes, la numérotation des ères ou les pratiques agricoles, le calendrier japonais continue d’incarner la richesse et la complexité des rythmes temporels qui ont façonné la société nippone.

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